Écroué pour avoir filmé des policiers

Un Montréalais faussement accusé d'entrave pour avoir filmé des policiers à distance, puis acquitté malgré des mensonges d'un des agents, vient d'intenter une poursuite de 30 000 $ contre la Ville de Montréal.

« S'ils avaient dit la vérité, il n'y aurait pas eu d'arrestation ni de détention illégale, puisque le demandeur n'a en aucun temps entravé le travail de ceux-ci », indique la poursuite civile intentée par Alexander Georgiev Kissiakov, cette semaine au palais de justice de Montréal.

M. Kissiakov, 27 ans, digère mal son arrestation inutile survenue en octobre 2018.

À l'époque, il marchait dans une rue de Ville-Émard, quartier du sud-ouest de Montréal, quand il a vu deux policiers parler à des citoyens. Curieux, il s'est alors approché à environ 20 pieds de l'intervention et a commencé à filmer la scène.

Sauf que les deux agents, Lisanne Boulette et Hugo Laverdure, n'ont pas aimé être filmés et ont demandé à l'homme d'arrêter, ce qu'il a refusé de faire.

« On va l'arrêter parce que moi, je trouve ça bizarre », aurait alors dit l'agente Boulette avant que M. Kissiakov se fasse passer les menottes.

Il a par la suite été écroué pendant quelques heures avant d'être accusé d'entrave, peut-on lire dans la poursuite intentée par Me Justin Wee.

Au procès, le policier Laverdure a affirmé, sous serment, que l'accusé était à « environ six pieds ». Sauf que la défense a déposé une vidéo prouvant la distance bien plus grande, si bien que les accusations ont vite été retirées par le procureur qui s'est dit « d'avis qu'aucune infraction n'a été commise ».

Juste pour le punir

Pour M. Kissiakov, il ne fait aucun doute que toute cette affaire découle du « désir de le punir » pour avoir refusé d'obéir à un ordre que les policiers n'avaient pas le droit de lui donner. Cela a mené à une arrestation abusive et illégale, qui a mené à une détention qui l'est tout autant.

Ainsi, il réclame à la Ville de Montréal 25 000 $ en dommages moraux, et 5000 $ directement aux policiers fautifs. Et s'il gagne sa cause, il veut que le jugement soit placardé dans tous les postes de police de Montréal et sur leur site web, de toute évidence pour en faire un exemple.

La Ville n'a pas commenté l'affaire, qui sera prochainement présentée à un juge.

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