Un répertoire en ligne des inconduites policières pourrait voir le jour

La technologie, la logique participative attisée dans les univers numériques, peuvent-elles réduire les inconduites policières, en les suivant à la trace pour mieux les dénoncer ? Un criminologue et un éditeur de magazine d’Ottawa le croient et souhaitent même en faire la démonstration en lançant un répertoire en ligne des inconduites des corps policiers fédéraux et provinciaux. Une première au pays.

L’objet, baptisé PoliceMisconductCanada.com, est en cours de matérialisation. Il compte pour le moment sur une campagne de sociofinancement, lancée il y a quelques jours sur le site Kickstarter, pour voir le jour en mars prochain. Le duo espère mettre la main ainsi sur 75 000 $ pour ouvrir et entretenir cet espace. Pour le moment, 14 internautes ont répondu à l’appel pour un gros total de 570 $.

Confiance sapée

« Les policiers sont soumis aux mêmes règles et lois que tout le monde, expliquent Darryl Davies, prof de criminologie à l’Université Carleton, et Dan Donovan, éditeur du magazine Ottawa Life, pères fondateurs de ce projet. Lorsqu’ils brisent ces règles, violent les lois, cela cause des dommages irréversibles au tissu démocratique », ajoutent-ils pour défendre leur cause.

Selon eux, l’augmentation des cas d’inconduites policières, lors d’arrestations un peu trop musclées ou de manifestations un peu trop réprimées, dans les dernières années au Canada, donne l’impression aux citoyens que la police n’est plus là pour « protéger et servir », mais plutôt pour contrôler et contraindre.

Dans les grandes lignes, ce répertoire vise à recenser les cas d’abus, de brutalité, les dérives policières, les bavures, mais également de suivre en temps réel le traitement de ces inconduites par les instances de régulation policières, de la dénonciation aux tribunaux. Le site Internet va être tenu par des étudiants en droit et en sociologie.

« Fourbe »

Cette documentation numérique d’un phénomène social troublant s’inspire du projet de recension des inconduites de la police nationale américaine menée par l’Institut CATO, un groupe de réflexion et de penseurs penchant un brin à droite aux États-Unis. Elle se prépare à voir le jour sur le Web, au Canada, alors qu’au Québec, la mort d’un enfant de cinq ans, tué par un policier lors d’une filature en voiture ayant mal tourné, place une nouvelle fois un corps policier sur la sellette.

Le projet de Davies et Donovan n’est pas vu d’un bon oeil par les forces policières. Dans les pages du magazine en ligne Vice, Matt Skof, président de l’Association des policiers d’Ottawa, le qualifie d’ailleurs de « fourbe ».

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