Arrestation violente devant une école

Un policier du SPVM et sa coéquipière risquent de se retrouver prochainement dans l’eau chaude après une arrestation qui s’est déroulée dans des conditions plutôt discutables.

Hier soir, vers 17h la fête des élèves battait son plein à l’école Au pied de la montagne, où les enfants, parents et professeurs s’étaient retrouvés.
Devant l’école, le concierge et une enseignante prennent une courte pause et des parents entrent et sortent des locaux avec leurs enfants.

La suite m’a été raconté par le concierge, Carl cadieux, et l’enseignante, Nadia Lessard, à qui je viens de parler au téléphone.

Leurs deux témoignages s’accordent sur la version suivante : une autopatrouille serait passée devant eux en franchissant le feu au rouge sans avoir activé ses lumières ni sa sirène.
Le concierge aurait alors dit au policier «Hey, mon chum, t’es passé sur la rouge» alors que le véhicule poursuivait sa route.
Le policier aurait alors fait demi-tour un peu plus loin et le constable se serait adressé au concierge de façon très agressive en lui disant : «T’as dit quoi mon criss de baveux ?» et, toujours selon le concierge, aurait ajouté : «Tu vas fermer ta gueule, j’étais sur un call important».

Selon eux, la situation aurait dégénéré lorsque le concierge, qui dit s’être senti intimidé par le policier, a sorti son téléphone pour filmer la scène alors que le patrouilleur cherchait à dissimuler son matricule.
L’homme décrit comme « un gars bien bâti qui pèse au moins deux cent livres avec des tatouages sur les avant-bras » aurait d’abord saisi le concierge par le bras en lui disant qu’il l’arrêtait pour « Intimidation de policier », le plaquant contre la voiture de patrouille.

L’enseignante dit s’être alors interposée pour essayer de calmer les choses.

La coéquipière du policier se serait alors jointe à lui pour arrêter Carl Cadieux tandis que le policier retenait madame Lessard par le bras, lui occasionnant un bleu et lui disant : «Ferme ta gueule petite conne».
Une fois monsieur Cadieux menotté, ils disent avoir été saisis à la gorge par le policier qui leur aurait frappé la tête contre le véhicule avant de les asperger de poivre de Cayenne.

Une scène plutôt cauchemardesque qui s’est produite devant plus d’une quarantaine de témoins, dont des enfants qui se sont mis à pleurer.

Des témoins relatent que près d’une douzaine de véhicules de police sont arrivés en renfort sur place, faisant craindre à certains parents qu’une fusillade s’était déroulée dans l’école.

L’enseignante a été relâchée un coin de rue plus loin par les policiers après avoir reçu une promesse de comparaître pour les faits d’entrave.

Conduit au centre opérationnel nord, monsieur cadieux raconte que le policier s’amusait à freiner et accélérer violemment pour le brasser en se moquant de lui dans le véhicule.

Quatre heures plus tard il était relâché après avoir été informé que les accusations d’intimidation avaient été retirées et que celles d’avoir résisté à son arrestation étaient «sous enquête».

Carl Cadieux n’a pas rencontré d’enquêteur et sa déposition n’a pas non plus été prise.
Il se plaint en outre d’avoir été traumatisé par les conditions de son arrestation et blessé au poignet par les menottes mises très serrées.

Le représentant du SPVM m’a indiqué qu’ils attendaient la version des policiers et que la directrice de l’école était en communication avec eux sur ces faits.
Aucune enquête n’était ouverte et il se gardait de tirer des conclusions à ce stade du dossier.

Voilà une nouvelle affaire mettant en cause le comportement des policiers du SPVM, dont on se souviendra qu’elle n’est pas la première avec, entre autres, l’arrestation de la rue Mont-Royale, qui avait causé la suspension de l’agente 728.
Souvenez-vous aussi cette vidéo, devenue virale, du policier menaçant d’attacher un sans-abri à un poteau, dont j’avais fait état dans un article en janvier dernier.

Les problèmes de comportement de certains policiers du SPVM ont été maintes et maintes fois dénoncés et sous réserve de confirmation des faits tels que monsieur Cadieux et madame Lessard les racontent, il y a fort à parier que nous nous trouvons ici face à un nouvel épisode du genre.

Le policier impliqué, Dimitry H., apparaît sur le calendrier des convocations au comité de déontologie en date du 10 février dernier et une décision serait donc en attente le concernant.

Une affaire qui rappelle étrangement celle impliquant un autre policier d’une petite ville du Québec qui s’est, selon les termes du comité de déontologie, «rendu coupable d’un abus d’autorité» après avoir arrêté, menotté et détenu dans son autopatrouille une jeune femme dont il avait jeté les affaires au sol devant l’école où elle se trouvait.
Une affaire qui avait menée le policier à une simple suspension de 6 jours sans traitement.

Ceci explique peut-être la répétition de cela !

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