COVID-19: amnistie complète réclamée pour les constats d'infraction

Des organismes dénoncent l'«approche punitive» prise par le gouvernement Legault dans le cadre de la crise sanitaire et réclament l'«amnistie complète» pour les gens ayant reçu un constat d'infraction en vertu de la Loi sur la santé publique.

En donnant des amendes, les autorités alimentent «les pratiques policières discriminatoires plus qu'elle empêche la propagation du virus», écrivent dans une lettre diffusée jeudi le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), la Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida (TOMS) et le Réseau de la communauté autochtone à Montréal (RÉSEAU).

Les trois organisations, qui disent représenter plus de 70 organismes québécois, demandent ainsi le «retrait immédiat de ces constats, de même qu'une réflexion collective sur le recours aux méthodes répressives dans un contexte de santé publique».

Ils rappellent que le premier ministre du Québec, François Legault, a dit le 10 septembre dernier, au cours d'une conférence de presse, qu'il est «temps de sévir».

«Il est démontré que la répression et la judiciarisation des personnes pour répondre à un enjeu de santé publique sont contre-productives, néfastes et non dissuasives, écrivent-ils. Plutôt, elles entravent l'accès de ces personnes aux soins, les éloignent des services et de leur communauté et renforcent la stigmatisation à leur égard.»

Le RAPSIM, la TOMS et le RÉSEAU rappellent que selon l'Association canadienne des libertés civiles, les deux tiers des contraventions ou mises en accusation liées à la COVID-19, entre le 1er avril et le 15 juin, ont été émises dans la Belle Province.

L'approche punitive aurait de plus ciblé «particulièrement les communautés déjà touchées par le profilage racial et le profilage social: les personnes noires, les personnes autochtones en milieu urbain et en régions éloignées, les autres groupes racisés et les groupes marginalisés, dont les personnes en situation d'itinérance ou mal-logées, les personnes migrantes, les communautés LGBTQ2S+, les travailleuse·eur·s du sexe, les personnes utilisatrices de drogues et les personnes vivant avec des enjeux de santé mentale», écrivent-ils.

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