Des tactiques d’enquête de la SQ menacent les sources des journalistes

La FPJQ est extrêmement inquiète des pratiques utilisées par la Sûreté du Québec (SQ) pour tenter d’obtenir l’identité de sources journalistiques.

Deux enquêteurs de la SQ ont récemment demandé de rencontrer le journaliste Patrick Lagacé, du quotidien La Presse, afin de lui soutirer le nom d’une source dans l’affaire Ian Davidson. Ce policier, qui s’est suicidé par la suite, tentait de vendre des listes d’informateurs au monde criminel.

Ce genre de tactique menace les sources confidentielles qui fournissent aux journalistes des informations essentielles et d’intérêt public.

Interrogée par La Presse à la suite des révélations de M. Lagacé, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault a déclaré qu’elle ne voulait pas se mêler du travail des enquêteurs de la SQ. Elle a plutôt suggéré aux journalistes de porter plainte en déontologie policière.

Les policiers ont laissé entendre à Patrick Lagacé qu’il pourrait commettre un délit criminel, celui d’entrave au travail policier, s’il parlait de la conversation qu’ils ont eue avec lui. Doit-on comprendre que la ministre est indifférente à cette tactique d’intimidation? La FPJQ est très déçue des propos de la ministre. Au nom des 2 000 journalistes qu’elle représente, la Fédération lui demande prendre position fermement et de faire en sorte que les journalistes ne subissent plus de pression pour révéler leurs sources.

Sans ces sources anonymes, ni la Commission Gomery ni la Commission Charbonneau n’auraient eu lieu. Ces sonneurs d’alarme sont essentiels à la démocratie, car ils constituent trop souvent le seul moyen de permettre aux citoyens d’être éclairés sur ce qui se passe dans leurs institutions publiques. Il faut les protéger, et non pas les pourchasser.

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