Les policiers de la SQ plus riches depuis les carrés rouges

Alors que la province se demande ce qu’il reste du printemps érable cinq ans plus tard, à la Sûreté du Québec, on connaît bien la réponse : des policiers plus riches !

Le nombre de policiers gagnant plus de 100 000 $ par année a carrément quadruplé de 2011 à 2012, l’année des manifestations étudiantes. Un feu de paille lié aux heures supplémentaires ? Les statistiques de la Sûreté du Québec indiquent plutôt que le club des 100 000 $ et plus n’a guère diminué depuis.

Selon les chiffres obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès aux documents, le nombre d’agents gagnant 100 000 $ et plus était de 459 en 2011. En 2012, tout à coup, on observe qu’il y en a eu 1697. On constate un repli l’année suivante, au cours de laquelle la catastrophe de Lac-Mégantic a tout de même entraîné des heures supplémentaires : on comptait 1113 policiers à plus de 100 000 $, tout de même plus du double de 2011.

Par la suite, on reste au même niveau. ­Les échelles salariales prévoient des hausses de salaire, mais le nombre d’heures supplémentaires reste important, même s’il n’y a pas de crise majeure, indiquent les documents obtenus par La Presse. En 2014, on trouve 1073 policiers au-dessus de la barre des 100 000 $.

Le nouveau patron de la SQ, Martin Prudhomme, a serré la vis à son arrivée, fin 2014, de sorte qu’on tombe à 955 en 2015. Mais on revient à 1179 en 2016.

Chez les officiers, on observe la même tendance. Ainsi, 112 d’entre eux gagnaient plus de 100 000 $ en 2011, mais ce nombre passe subitement à 286 en 2012. Le nombre ne varie guère depuis :­ 273 en 2013, 287 en 2014, 294 en 2015 et 308 en 2016, bien que les réorganisations aient fait baisser le nombre d’officiers.

1,2 million d’heures supplémentaires

Le nombre d’heures supplémentaires ne fluctue guère, crise ou pas. Durant l’exercice 2011-2012, marqué par le début des manifestations des « carrés rouges », il s’était fait 1,2 million d’heures supplémentaires à la SQ, dont 694 000 en « opérations spéciales ». Les heures supplémentaires étant du même ordre l’année précédente, on peut penser qu’elles étaient alors réparties entre davantage d’agents, qui n’ont par conséquent pas franchi la barre des 100 000 $.

L’année suivante, 2012-2013, on a fait 997 000 heures supplémentaires à la police, dont 91 000 dans un poste distinct : « manifestations étudiantes ». L’année d’après, 2013-2014, on était à 1,2 million d’heures, dont 65 000 pour assurer la sécurité après le déraillement à Lac-Mégantic.

Pour les années suivantes,­ les résultats seront connus à la prochaine étude des crédits budgétaires, au printemps, et­ devraient montrer une réduction des heures supplémentaires, assurent des sources policières. On reporte au lendemain ce qui peut attendre, plutôt que de prolonger une journée de travail. Et on essaie de préciser le temps de présence vraiment nécessaire au palais de justice au moment des procès, par exemple. De fait, ce poste de « présence à la cour » a eu tendance à diminuer et représente désormais moins de 5 % des heures supplémentaires.